Lexique de l’arrosage des phalaenopsis

Velamen, collet, turgescence, conductivité : ces mots ne sont pas là pour faire savant, ils décrivent ce que vous voyez dans le pot. Voici chaque terme expliqué simplement, avec ce qu’il change concrètement pour l’arrosage.

Livre de botanique ouvert sur une table à côté d’une fleur de phalaenopsis

Ce lexique rassemble les termes que vous croiserez sur ce site, sur les étiquettes ou dans les fiches de culture. Chaque définition va à l’essentiel et renvoie, quand c’est utile, vers l’article qui approfondit le sujet.

A

Algues

Ce voile vert qui apparaît sur la paroi intérieure d’un pot transparent est formé d’algues microscopiques, qui profitent à la fois de la lumière et de l’humidité. Elles sont en général sans danger pour les racines, mais elles signalent un substrat qui reste mouillé longtemps. Si elles s’installent, espacez un peu les arrosages, vérifiez que l’écorce ne se décompose pas et relisez les signes d’un phalaenopsis trop arrosé.

Arrosage par le haut

Méthode qui consiste à verser l’eau sur le substrat, sous le robinet ou à l’arrosoir, jusqu’à ce qu’elle ressorte franchement par les trous du pot. Elle a l’avantage de rincer l’écorce et d’entraîner les sels accumulés. La seule précaution : diriger l’eau vers le substrat, jamais au cœur des feuilles. Le geste est détaillé dans notre guide de l’arrosage sous le robinet.

B

Billes d’argile

Petites boules d’argile expansée, légères et poreuses. Elles servent de substrat en semi-hydroponie, où elles font remonter l’eau d’une réserve par capillarité. Étalées dans une soucoupe remplie d’eau, elles forment aussi un plateau d’humidité, à condition que le fond du pot reste bien au-dessus du niveau de l’eau.

Boutons floraux

Ce sont les fleurs encore fermées, alignées au bout de la hampe. Ils sont très sensibles aux changements brusques : substrat trop sec ou détrempé, courant d’air, radiateur trop proche, déplacement de la plante. Quand ils jaunissent et tombent avant d’éclore, on parle de boutons avortés, un problème traité dans l’article sur les boutons qui jaunissent et tombent.

Brumisation

Pulvérisation d’une fine pluie d’eau sur la plante à l’aide d’un vaporisateur. Son effet sur l’humidité de l’air ne dure que quelques minutes, et une eau qui perle dans le cœur ou sur les fleurs fait plus de mal que de bien. Si vous brumisez, faites-le le matin, plutôt sur les racines aériennes que sur les feuilles : le point est fait dans brumiser un phalaenopsis, utile ou risqué ?.

C

Cache-pot

Contenant décoratif, sans trou, dans lequel on glisse le pot de culture. Il protège le meuble et habille la plante, mais c’est aussi le premier piège à eau de la maison : l’eau qui s’y accumule baigne les racines du bas et les fait pourrir. Videz-le systématiquement après chaque arrosage, comme expliqué dans le cache-pot, piège à eau.

Chlorose

Jaunissement anormal des feuilles lié à un manque de chlorophylle. Chez le phalaenopsis, elle peut venir de racines abîmées qui n’absorbent plus correctement, d’une carence ou d’une eau très calcaire qui gêne l’assimilation de certains éléments. À ne pas confondre avec le jaunissement lent d’une vieille feuille du bas, qui finit par tomber : c’est un renouvellement naturel.

Choc thermique

Stress provoqué par une variation brutale de température, par exemple une eau glacée versée sur des racines tièdes ou une plante collée à une vitre froide en hiver. Il peut entraîner la chute des boutons ou l’apparition de taches sur les feuilles. C’est la raison pour laquelle on arrose avec une eau à température ambiante.

Cœur

Le cœur désigne le centre de la rosette de feuilles, là où naît chaque nouvelle feuille. Le phalaenopsis ne possède qu’un seul point de croissance : si le cœur pourrit, la plante ne peut plus faire de feuilles et sa survie dépend de l’apparition, incertaine, d’un rejet à sa base. Une goutte d’eau qui y stagne une nuit entière suffit parfois à déclencher le problème, d’où l’importance de ne jamais laisser d’eau au cœur des feuilles.

Collet

Zone de jonction entre les racines et la base des feuilles, au ras du substrat. C’est une partie tendre et peu aérée, où l’humidité s’attarde facilement. Un collet qui brunit, ramollit ou laisse les feuilles se détacher d’un coup est le signe d’une pourriture à traiter sans attendre.

Conductivité

Mesure de la quantité de sels minéraux dissous dans l’eau, exprimée en microsiemens par centimètre (µS/cm) et lue avec un petit conductimètre. Plus la valeur est basse, moins l’eau apporte de minéraux susceptibles de s’accumuler dans le pot. Elle sert surtout aux amateurs qui mélangent eau osmosée, eau du robinet et engrais et veulent doser précisément. Voir aussi le rinçage du substrat.

D

Dormance et repos

Chez beaucoup de plantes, la dormance est un arrêt complet de la croissance pendant la mauvaise saison. Le phalaenopsis n’en connaît pas de véritable : après la floraison, il ne se repose pas vraiment, il consacre au contraire son énergie à fabriquer des feuilles et des racines. En hiver, dans une pièce fraîche et peu lumineuse, sa croissance ralentit simplement, et les arrosages s’espacent en conséquence. Plus de détails dans après la floraison, faut-il changer l’arrosage ?.

Drainage

Capacité d’un pot et de son substrat à laisser partir l’eau en excès. Un bon drainage repose sur des trous nombreux, au fond et parfois sur les côtés, et sur un substrat grossier qui ménage de l’air entre les morceaux. Chez une plante épiphyte, c’est non négociable : des racines privées d’air s’asphyxient, puis pourrissent.

Dureté de l’eau

La dureté, ou titre hydrotimétrique (TH), indique la teneur de l’eau en calcium et en magnésium. Elle s’exprime en degrés français (°f) : on parle généralement d’eau dure au-delà de 30 °f environ. Une eau dure laisse des traces blanches sur l’écorce et les racines et peut, à la longue, gêner l’absorption. Pour savoir comment faire avec, lisez eau calcaire : comment protéger votre orchidée.

E

Eau de pluie

Naturellement douce et peu minéralisée, c’est l’une des meilleures eaux pour un phalaenopsis. Recueillez-la dans un récipient propre, en laissant passer les premières pluies après une période sèche, qui lessivent le toit et les gouttières. Conservez-la à l’abri de la lumière et utilisez-la à température ambiante. Toutes les options sont comparées dans quelle eau choisir pour arroser un phalaenopsis.

Eau osmosée

Eau filtrée par osmose inverse, qui la débarrasse de la quasi-totalité de ses minéraux. Elle ne laisse aucun dépôt, ce qui en fait une excellente base, mais elle n’apporte elle-même aucun élément nutritif : on y ajoute donc un engrais adapté ou on la coupe avec un peu d’eau du robinet. L’eau déminéralisée peut rendre le même service, à condition d’être pure, sans parfum ni additif.

Écart thermique

Différence de température entre le jour et la nuit. À l’automne, quelques semaines de nuits plus fraîches, environ 5 °C de moins qu’en journée, aident souvent le phalaenopsis à lancer une nouvelle hampe. Une pièce qui se rafraîchit naturellement la nuit suffit en général, sans descendre sous 15 °C environ.

Écorce de pin

Substrat de référence du phalaenopsis : des morceaux d’écorce calibrés qui laissent circuler l’air et sèchent en quelques jours. Neuve, elle a tendance à repousser l’eau, ce qui justifie un trempage un peu plus long lors des premiers arrosages. Avec le temps, elle se décompose, se tasse et retient de plus en plus d’eau, d’où un rempotage tous les deux à trois ans. Comparaison complète dans écorce ou sphaigne : le substrat dicte l’arrosage.

Égouttage

Temps pendant lequel on laisse s’écouler l’excès d’eau après un arrosage, pot posé sur un égouttoir ou au fond de l’évier. Comptez dix à quinze minutes, jusqu’à ce que plus aucune goutte ne tombe. C’est une étape aussi importante que l’arrosage lui-même : un pot remis trop vite dans son cache-pot y dépose une flaque.

Engrais NPK

Les trois lettres désignent l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K), les principaux éléments nutritifs, dont les proportions figurent sur l’emballage. Pour un phalaenopsis, on choisit un engrais spécial orchidées, employé à faible concentration et apporté sur un substrat déjà humide, jamais sur des racines sèches. Les bons dosages sont expliqués dans engrais et arrosage : nourrir sans brûler les racines.

Épiphyte

Se dit d’une plante qui pousse sur une autre sans la parasiter. Dans la nature, le phalaenopsis vit accroché aux troncs et aux branches des forêts chaudes et humides d’Asie tropicale, racines à l’air, arrosé par des averses qui sèchent vite. Tout son mode de culture en découle : un substrat aéré, de l’eau abondante mais ponctuelle, et jamais de racines qui baignent. Le principe est déroulé dans la méthode complète pour arroser un phalaenopsis.

H

Hampe florale

Tige qui porte les fleurs. Elle naît sur le côté de la tige, à la base d’une feuille, s’allonge pendant plusieurs semaines, puis se couvre de boutons. Pendant sa croissance, évitez de tourner la plante, sous peine de voir la hampe se tordre en cherchant la lumière, et gardez un arrosage régulier sans excès. Après la floraison, elle peut sécher entièrement ou rester verte et donner parfois une nouvelle ramification.

Hygrométrie

Taux d’humidité relative de l’air, exprimé en pourcentage et mesuré avec un hygromètre. Le phalaenopsis se plaît autour de 50 à 70 %, alors qu’un appartement chauffé en hiver descend souvent bien en dessous. Un air trop sec fait sécher le substrat plus vite et fragilise boutons et racines aériennes. Les solutions simples sont réunies dans humidité de l’air, le complément oublié de l’arrosage.

K

Keiki

Mot hawaïen qui signifie « bébé » : c’est une petite plante qui se forme sur un nœud de la hampe, parfois à la base de la plante. On peut la détacher quand elle porte deux ou trois racines d’environ 5 cm, puis l’installer dans un petit pot d’écorce fine ou de sphaigne. Au début, ses racines courtes demandent un substrat qui ne sèche pas trop vite, mais jamais détrempé.

N

Nœud

Petit renflement de la hampe florale, recouvert d’une écaille brune appelée bractée. Chaque nœud abrite un bourgeon dormant qui peut donner une nouvelle ramification florale ou, plus rarement, un keiki. C’est au-dessus de l’un de ces nœuds que l’on coupe une hampe défleurie encore verte quand on espère une remontée de fleurs.

P

pH

Indice d’acidité de l’eau, sur une échelle de 0 à 14, 7 étant la neutralité. Le phalaenopsis préfère une eau légèrement acide à neutre, que l’on situe souvent autour de 5,5 à 6,5. Une eau très calcaire est souvent un peu basique, mais inutile de mesurer le pH à chaque arrosage : choisir une eau douce règle déjà l’essentiel.

Photosynthèse CAM

Mode de photosynthèse propre à certaines plantes adaptées aux périodes sèches, dont le phalaenopsis : les stomates s’ouvrent surtout la nuit pour capter le gaz carbonique et restent en grande partie fermés le jour, ce qui limite les pertes d’eau. Cette économie explique pourquoi la plante supporte mieux un léger oubli d’arrosage qu’un excès. Elle ne dispense pas de lumière pour autant : c’est le jour que la plante utilise le carbone stocké la nuit, et une plante trop à l’ombre consomme peu d’eau, comme expliqué dans lumière et arrosage.

Pot transparent

Pot en plastique clair, percé de nombreux trous, dans lequel la plupart des phalaenopsis sont vendus. Il permet de voir d’un coup d’œil la couleur des racines et la buée sur les parois, deux indices précieux pour savoir s’il faut arroser. Les racines y reçoivent aussi un peu de lumière, qu’elles utilisent pour la photosynthèse. Tous ses avantages sont détaillés dans pourquoi un pot transparent aide à bien arroser.

Pourriture des racines

Des racines saines sont fermes, vertes ou argentées. Pourries, elles deviennent brunes, molles, parfois creuses : la gaine glisse sous le doigt et ne laisse qu’un fil. La cause est presque toujours un excès d’eau ou un substrat décomposé qui ne respire plus. Tant qu’il reste quelques racines fermes, la plante peut souvent repartir : voyez comment sauver une orchidée aux racines pourries.

Pourriture du collet

Maladie causée par des bactéries ou des champignons qui profitent d’une eau stagnante au cœur ou à la base des feuilles, surtout quand il fait frais. Elle se manifeste par une tache brune ou noire, d’aspect mouillé, qui progresse vite, et les feuilles finissent par se détacher au moindre contact. La prévention tient en un geste : éponger ou faire couler toute eau restée entre les feuilles, comme le détaille l’article pour prévenir la pourriture du collet.

Pseudobulbe

Organe renflé, à la base des tiges de nombreuses orchidées (cattleya, oncidium, dendrobium…), qui leur sert de réserve d’eau. Le phalaenopsis n’en possède pas : ses seules réserves sont ses feuilles épaisses et ses racines. C’est pourquoi il supporte moins bien une longue sécheresse que ces orchidées-là, et pourquoi il ne faut pas le laisser à sec des semaines entières.

R

Racine aérienne

Racine qui pousse hors du pot, à l’air libre. Loin d’être une anomalie, c’est le comportement naturel d’une plante épiphyte qui cherche à s’agripper à un support. Une racine aérienne ferme et argentée se porte bien : ne la coupez pas et ne la forcez pas dans le pot. Pour apprendre à interpréter leurs couleurs, voyez lire les racines : vertes, argentées, aériennes.

Rempotage

Changement du pot et du substrat, en général tous les deux à trois ans, quand l’écorce se décompose ou que les racines débordent de partout. On le fait de préférence après la floraison, en retirant l’ancien substrat et les racines mortes. Le premier arrosage qui suit obéit à des règles particulières, détaillées dans le premier arrosage après un rempotage.

Rinçage du substrat

Arrosage abondant à l’eau claire, de préférence peu calcaire, pour entraîner hors du pot les sels minéraux laissés par l’eau du robinet et l’engrais. On laisse couler l’eau à travers le substrat pendant une bonne minute, puis on égoutte comme d’habitude. Un rinçage régulier, par exemple une fois par mois, évite les croûtes blanches et les pointes de racines brûlées. La méthode est expliquée dans rincer le substrat pour éliminer les sels accumulés.

S

Sels minéraux

Calcium, magnésium, sodium et résidus d’engrais dissous dans l’eau. Quand l’eau s’évapore, ils restent dans le pot et se concentrent, formant des dépôts blancs sur l’écorce, le bord du pot ou les racines. En excès, ils abîment l’extrémité des racines et gênent l’absorption de l’eau. Le remède est simple : une eau plus douce et des rinçages réguliers.

Semi-hydroponie

Culture sans substrat organique, dans des billes d’argile ou des granulés minéraux, avec une petite réserve d’eau permanente au fond d’un pot percé de trous à quelques centimètres de sa base. Les racines profitent de l’humidité qui remonte par capillarité le long des billes. Le passage d’un pot d’écorce à ce système demande de la patience, car la plante doit refaire des racines adaptées. Tout est expliqué dans la semi-hydroponie : arroser un phalaenopsis autrement.

Sphaigne

Mousse de tourbière séchée, aux longues fibres, capable de retenir plusieurs fois son poids en eau. Elle convient aux jeunes plants, aux keikis et aux plantes qui ont perdu des racines, mais elle impose des arrosages beaucoup plus espacés qu’en écorce. Il arrive que les phalaenopsis du commerce cachent un bouchon de sphaigne au centre de la motte, qui reste humide bien après l’écorce : pensez-y avant d’arroser.

Stomates

Minuscules pores situés surtout sur la face inférieure des feuilles, par lesquels la plante échange des gaz et perd de la vapeur d’eau. Chez le phalaenopsis, ils s’ouvrent principalement la nuit (voir photosynthèse CAM). Par forte chaleur ou air très sec, la plante limite leur ouverture pour économiser l’eau et sa croissance ralentit, ce qui explique qu’elle stagne pendant les fortes chaleurs d’été.

Stress hydrique

État d’une plante qui ne reçoit pas assez d’eau par rapport à ce qu’elle perd, soit parce que le substrat est trop sec, soit parce que ses racines abîmées n’absorbent plus. Il se traduit par des feuilles qui ramollissent et se rident, des racines argentées et plissées, des boutons qui tombent. Les causes et la façon d’y remédier sont détaillées dans phalaenopsis qui manque d’eau : signes et reprise.

Substrat

Tout ce qui remplit le pot et maintient les racines : écorce de pin, sphaigne, fibres de coco, billes d’argile ou mélanges. Pour un phalaenopsis, il doit avant tout être aéré et drainant, car des racines à velamen ont autant besoin d’air que d’eau. C’est le substrat, plus que le calendrier, qui fixe la fréquence d’arrosage : une sphaigne compacte reste humide nettement plus longtemps qu’une écorce grossière. Le calculateur d’arrosage en tient compte dans ses estimations.

T

Trempage

Méthode d’arrosage qui consiste à plonger le pot dans une bassine d’eau à température ambiante, sans que l’eau monte jusqu’au collet, pendant 10 à 15 minutes pour une écorce classique, quelques minutes seulement pour la sphaigne. L’écorce et le velamen s’imbibent ainsi en profondeur. On retire ensuite le pot et on le laisse s’égoutter complètement. Le pas-à-pas est dans l’arrosage par trempage.

Turgescence

État d’un tissu végétal dont les cellules sont gorgées d’eau, ce qui le rend ferme. Des feuilles de phalaenopsis turgescentes sont épaisses, rigides et se tiennent bien. Quand elles perdent leur turgescence, elles deviennent molles et ridées, ce qui peut paradoxalement venir d’un excès d’eau : des racines pourries n’alimentent plus les feuilles. Pour trancher, voyez feuilles molles et ridées : trop ou pas assez d’eau ? ou lancez le diagnostic interactif.

V

Velamen

Enveloppe spongieuse, formée de plusieurs couches de cellules mortes, qui entoure les racines des orchidées épiphytes. Sèche, elle est blanc argenté ; mouillée, elle devient translucide et laisse voir le vert de la racine. Elle absorbe l’eau en quelques instants puis la cède lentement, mais elle a besoin de sécher entre deux arrosages pour que la racine respire. C’est le meilleur indicateur d’arrosage qui soit, à condition de savoir lire la couleur des racines.